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L’importance des régions pour une société démocratique

People walking in the street (c) Nos Alpes IA

Au cours des dernières décennies, il y a eu une importante croissance du nombre de régions dans le monde. Et cela sous différentes formes : en tant que véritable niveau de gouvernement, en tant qu’ensemble économique ou en tant que configuration administrative.

Ceci est étroitement lié à notre monde de plus en plus globalisé dans lequel les gens ont du mal à se reconnaître et à rechercher des points d’ancrage qui sont plus proches. Cette tension ne peut être résolue que si nous partons de l’adage « penser globalement mais agir localement ».

Qu’est-ce que cela signifie pour le projet européen et quelle est la signification de ce projet ?

Grâce au traité de Lisbonne, l’UE peut être décrite comme une organisation d’États et de citoyens, dans laquelle les citoyens ont le droit de participer à la fois aux démocraties nationales des pays et à la démocratie commune de l’Union.

Dans un monde en mutation rapide, une inspiration politique et des décisions centrées sur les personnes sont nécessaires pour façonner et renforcer les valeurs associées à « l’Europe ». L’Europe doit être considérée non seulement comme un projet socio-économique, mais bien comme une communauté en termes de destin, de vie, d’objectifs, de responsabilité et d’apprentissage multicultural, ainsi que comme un lieu de rencontre d’identités multiples. En tant qu’espace commun fondé sur des valeurs, dans l’unité et la diversité.

A partir de ce point de départ, nous devons nous interroger sur la meilleure façon de développer les moyens et les bonnes décisions pour répondre aux grands défis qui sont les nôtres : changement climatique, transition économique verte, pouvoir d’achat, sécurité des moyens de subsistance, migrations, autonomie stratégique, indépendance énergétique.

Et puis l’important principe de la subsidiarité entre en jeu. La subsidiarité peut simplement être définie comme la prise de décisions qui donnent aux gens les meilleurs résultats et dans lesquelles ils s’identifient le plus.

La réponse à cette question n’est pas univoque et variera selon la question en cause. Parfois, l’échelle de prise de décision est trop grande pour un niveau ou parfois trop petite. Et alors le principe de proportionnalité aussi peut nous aider. Cela signifie que les ressources déployées et le niveau choisi de gouvernement le plus utile, sont proportionnels à l’objectif que l’on veut atteindre.

Il s’avère qu’il convient donc d’utiliser le concept de la gouvernance à plusieurs niveaux. Ce concept peut être mieux défini comme « une action institutionnelle coordonnée par l’Union européenne, les États membres, les régions et les autorités locales, soutenue par un partenariat, en vue de définir et de mettre en œuvre les objectifs politiques dans l’Union européenne ».

Ce faisant, il convient aussi de tenir compte de la place des régions dans la politique de leur État membre. La décentralisation ou la déconcentration ne peuvent pas être simplement assimilées au régionalisme ou à la régionalisation. Pour pouvoir parler de régions au sens institutionnel plein du terme, il doit s’agir de régions fondées sur des élections démocratiques, bénéficiant d’un soutien économique et social suffisant et d’une identité commune ayant certainement une valeur ajoutée supplémentaire. Les régions dites constitutionnelles qui ont des pouvoirs en vertu de la constitution de leur pays, y occupent une place particulière.

Les éléments ci-dessus légitiment la place à attribuer aux régions.

Ils garantissent la réalisation des objectifs politiques, apportent des réponses aux nombreux défis sociétales, économiques et sociaux, sont l’émanation des différences culturelles et contribuent à la démocratie nationale et européenne.

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