De nombreuses personnes se sentent en insécurité à cause des multiples défis et des différentes crises qui émergent en même temps, les changements tels que la numérisation, l’IA et la robotique qui s’accélèrent, un monde global qui est le nôtre et dans lequel les gens ne se reconnaissent plus, et l’intense préoccupation des guerres et conflits qui détruisent des vies humaines. L’extrême droite et le populisme qui lui est associé sont de plus en plus suivis dans plusieurs pays.
La question qui se pose est de savoir comment les gens retrouvent le sentiment et le soutien nécessaires pour croire en une société fondée sur la solidarité et qui ne les dresse pas les uns contre les autres.
Ce faisant, il est important d’utiliser les piliers de la démocratie qui renforcent ce lien. Outre les autres niveaux de gouvernance, les régions jouent un rôle important à cet égard. Pourquoi?
Les régions sont souvent le biotope naturel dans lequel la proximité avec les gens est fortement ressentie parce qu’elles portent en elles la mémoire d’un passé et d’une culture communs, un terroir dans lequel les traditions reconnaissables sont maintenues vivantes et où le patrimoine culturel est une partie importante du patrimoine.
Les atouts touristiques et l’attractivité de la nature se réfèrent en plus surtout a une région.
Il s’agit d’un niveau politique à taille humaine, pas trop petit pour faire bouger les choses, pas trop éloigné et trop grand pour être suffisamment impliqué et donc souvent avec la bonne dimension pour proposer les solutions dans lesquelles les gens se reconnaissent. De cette façon, ils forment un excellent pont entre le niveau local et le niveau national ou européen.
C’est aussi l’espace dans lequel l’initiative économique s’ancre et un dialogue tangible s’instaure entre les partenaires économiques et sociaux. Où les accords sont rendus concrets et contraignants.
Ainsi que l’espace dans lequel l’organisation de l’enseignement a lieu, de manière à rassembler différentes disciplines et où les universités et les institutions scientifiques prospèrent naturellement et forment des pôles de compétences , favorisant également la créativité culturelle qui se développe et à la fois se diversifie et se renforce
Afin d’assurer à la population de bons soins de santé et ainsi développer des services sociaux, les régions sont la bonne mesure pour des accords de qualité.
Très souvent, des expériences y sont menées sur l’innovation dans toutes sortes de domaines, notamment dans le domaine de la gestion de l’environnement, y compris les mesures visant à réaliser la transition nécessaire due au changement climatique. Là où les zones artisanales ou de développement voient le jour, afin d’ être la référence en matière de produits agricoles et horticoles.
Il est également frappant de constater que la plus grande partie des budgets d’investissement dans les infrastructures et la mobilité est dépensée par les régions et assure ainsi, littéralement, la connexion entre les gens. Et où la cooperation transfrontalière est une réalité quotidienne.
Enfin et surtout, les régions sont le lien direct entre l’Europe et ses citoyens. C’est là qu’une très grande partie de la législation européenne est élaborée et mise en œuvre, et les Fonds structurels et d’investissement européens sont directement destinés au développement régional.
‘L’Europe des régions et avec les régions’ n’est pas une autre Europe, mais une dimension spécifique et importante du projet européen. Il s’agit d’une contribution à la démocratie dans les États membres et à la démocratie européenne.
Face aux réalités de la vie quotidienne, les régions ne sont pas des constructions artificielles ou des fictions institutionnelles.
Au contraire, ils sont des ensembles tangibles pour l’interconnexion des gens et des points de repère pour les autres.
Les régions forment l’équilibre approprié entre la sécurité personnelle et le monde extérieur.
Ils sont donc des noyaux précieux de ce que nous entendons par la réalisation d’une « démocratie raisonnable » centrée sur l’humain. Un espace où la confiance peut regner.
Luc Van den Brande





